En juillet 2025, La Route des Canaux ainsi que M. Morgan ABILY, maître de conférences et responsable du master HYDROPROTECH à l'université Côte d’Azur, déposent un projet pédagogique commun auprès de la Chaire Partenariale 'L'eau dans les territoires des Alpes-Maritimes' (Nice), dont l'objectif est d'encourager le développement de nouveaux savoirs à partir d'actions communes entre les étudiants du master HYDROPROTECH et les communautés d'arrosants de la Vésubie. Ce projet pédagogique (octobre 2025- juin 2026) a permis de démontrer que la rencontre des savoirs, locaux et experts. peut être particulièrement riche et bénéfique pour tous les intervenants : accompagnement technique (ASA du Canal du Mounart, Roquebillière ; ASA canal de Saint Julien, Belvédère ; canal de la Roche, mairie de Valdeblore); valorisation commune des savoirs : organisation des journées du 4 et du 5 juin 2026, communications scientifiques à venir et rédaction d'un livre bleu .......
Irrigation traditionnelle et co-construction des savoirs
Journées 4 juin 2026 IMREDD - 5 juin 2026 Saint Martin Vésubie
La pratique de l’irrigation traditionnelle a permis aux habitants du Moyen et Haut-Pays à la fois d’adapter leur territoire pour y vivre, et de réduire les impacts climatiques méditerranéen-alpin, par nature extrêmes. Aujourd’hui, de nombreuses questions se posent quant à la pertinence et aux modalités du maintien de cette pratique inscrite à l’Inventaire national du Patrimoine culturel immatériel (juin 2024). Savoirs et savoir-faire se croisent sans produire de réponse commune.
Au cours de cette journée du 4 juin organisée à l'IMREDD grâce à la Chaire partenariale de l'Eau dans les territoires des Alpes - Maritimes', les savoirs et savoir-faire respectifs de l’irrigation traditionnelle ont été sollicités par les étudiants du master HYDROPROTECH. Après deux belles conférences sur les aspects environnementaux et sociétaux de l'irrigation traditionnelle réalisées respectivement par Marie Jaqué, maîtresse de conférences en sociologie et habilitée à diriger des recherches (université UMA, LPED UMR 151) et Toufik Ftaïta, maître de conférences en ethnologie (université UniCA, LIRCES), les étudiants ont présenté les conclusions de leurs travaux au public comprenant élus, chercheurs, étudiants et arrosants. La matinée s'est terminée autour d’une table ronde. Mmes Aurélie Condevaux (maîtresse de conférences en anthropologie Université Paris 1 Panthéon - Sorbonne, EIREST), Angèle Martinez (Responsable du service Eau et Adaptation DGA-ADD MNCA) et Séverine Altschuler (Responsable Ressources en Eau, Régie eau Azur) ainsi que MM. Laurent Ayache, Président de l'ASA du canal de Berthemont et du Cougne et Vincent Meyer (sociologue et professeur des universités en INFO-COM) ont partagé leurs expériences dans des processus de co-construction de savoirs. L'après-midi a été consacrée à trois ateliers thématiques participatifs. Les conclusions collectives de cette journée seront intégrées dans une production unique, le Livre bleu “Co-construction des savoirs : une réponse à la quête de sens de l’irrigation traditionnelle face aux changements globaux du 21e siècle” à paraître à la rentrée.
Quelques moments clé
24 octobre 2025 - Premiers repères
C’est une véritable étude d’ingénierie que les étudiants du master 1 et 2 Hydroprotech, un master labellisé par l'IAHR et l’UNESCO, proposent à l'équipe pédagogique. Fournir aux communautés d’arrosants des pistes pour préserver les fonctions de leur canal d’irrigation gravitare et faire évoluer ce dernier afin qu’il puisse s'inscrire aux côtés des autres stratégies de résilience, représentent la colonne vertébrale des actions que les onze étudiants dessinent. Pour n’en citer que quelques unes : rencontrer les acteurs de la ressource Eau du Haut Pays pour comprendre leurs enjeux et priorités, vérifier les bénéfices écologiques de ce patrimoine culturel immatériel (PCI) et sensibiliser les plus jeunes mais aussi les plus âgés à une gestion de l’eau plus innovante et à cet ensemble de savoirs et savoir-faire lié à cet élément du PCl.
31 octobre 2025 - À la rencontre de la Vésubie et du Valdeblore
Entre les documents et les personnes, il y a milles lieux. La réalité qui s’offre aux étudiants ce vendredi 31 octobre est complexe, vivante et riche, voir trop riche. Emilienne de l’ASA du canal du Mounard est assaillie de questions autour du café fumant servi à l’Echoppe du Pays (Roquebillière- Le-Vieux). Ensuite, la petite troupe se rend à l’endroit où la prise du canal avait été construite après la tempête Alex (octobre 2020). Aujourd’hui, elle n’y est plus, la tempête Aline (octobre 2023) l’ayant emporté à son tour. C’est le conflit des communautés d’arrosants avec leur environnement que les étudiants découvrent. De nombreux relevés sont pris pendant que d’autres questions fusent. Comment une ASA peut elle vivre? Pourquoi vit-elle? Quel type de prise lui proposer? Quel rôle le canal a-t-il pour le bassin versant? Ce sont ces questions que les étudiants se posent au fond d’eux mêmes.
Les questions, au lieu de tarir, se multiplieront tout au long de la journée. Lors de leur rencontre avec Eric GILI, historien, professeur au collège de Roquebillière et à l’université Nice Côte d’azur mais aussi agriculteur et arrosant du canal de Nantelle (Saint Martin Vésubie), de nouvelles dimensions sont soulevées et de nouveaux conflits apparaissent liés aux représentations différentes des acteurs et des moments donnés dans la propre histoire du canal. À La Bolline Valdeblore, Christophe Ciais, premier adjoint de la mairie de Valdeblore, accueille les étudiants et les emmène à la rencontre de deux canaux, celui de Roure et celui de la Brière. Un troisième type de conflit, celui entre usagers ou entre usagers et non usagers, conflit amplifié par l’absence de structure de gestion collective, se révèle aux étudiants. Encore des questions…..
4 janvier 2026 - Identification des besoins et des terrains
Toute démarche relative à l'aménagement, la réhabilitation ou la réparation d'un canal d'irrigation gravitaire est soumise à un protocole administratif suivi, dans le cas des Alpes-Maritimes, par la Direction Départementale du Territoire et de la Mer (DTM) afin d'assurer la conformité des usages et le respect des multiples usagers du cours d'eau. Ensembles avec Damien, le président de l'ASA du canal du Mounart, les étudiants se penchent sur les problèmes liés à la réhabilitation de la prise d'eau : sa résistance aux crues, le respect du volume en période d'étiage et l'impact des travaux en période de frayage des truites sont les principaux thèmes abordés. De même, des analyses plus fines concernant l'humidité du sol sont envisagées. Les étudiants expliquent l'emploi ainsi que la pertinence de certaines techniques de relevés de mesures par satellite aux membres de l'ASA.
Après ces heures intenses heures d'échanges, les étudiants se rendent dans un premier temps sur le canal de Saint Julien (06450 Belvédère) pour le découvrir et vérifier sa compatibilité avec les critères choisis pour l'implantation du site pilote prévu : accessibilité, collaboration possible avec les usagers et pertinence avec la pose des trois capteurs choisis, à savoir : pluviomètres, capteurs du débit d'eau entreé et sortie et capteurs d'humidité du sol. Ce même travail de fourmi est ensuite réalisé le long du canal de La Roche (06450 Valdeblore). Quel sera l'heureux élu? la suite au prochain chapitre .....
23 février 2026 - A la recherche des truites et des points de captage
Beaucoup de rencontres et d'échanges lors de cette dernière sortie terrain. La première rencontre avec deux membres du bureau de l'ASA du canal de Saint Julien (06450 Belvédère), Christine, la trésorière, et Thierry, le président, permet aux étudiants de mieux comprendre les enjeux et les diffcultés liés la gestion et de l'existence d'un canal d'irrigation traditonnelle.
L'après-midi, les étudiants partent ensembles avec le bureau d'études Concept Mercantour et leur drône à la recherche des bancs de truites possibles. Bottes de pêcheurs, décamètres, stylo et le drône survolant leur tête, les étudiants ont ..........