En juillet 2025, La Route des Canaux ainsi que M. Morgan ABILY, maître de conférences et responsable du master Hydroprotech à l'université Nice Côte d’Azur, déposent un projet commun auprès de la Chaire Partenariale de l'eau dans les territoires des Alpes-Maritimes (Nice). Son contenu : la participation des étudiants du master Hydroprotech dans la réflexion collective dynamisée par la Chaire de l'eau autour des ressources hydrologiques dans le Haut et Moyen Pays des Alpes-Maritimes. Ce projet incluant un volet pédagogique est devenu réalité en octobre 2025. Il couvrira deux années universitaires consécutives, à savoir 2025/2026 et 2026/2027.
24 octobre 2025 - Premiers repères
C’est une véritable étude d’ingénierie que les étudiants du master 1 et 2 Hydroprotech, un master labellisé par l'IAHR et l’UNESCO, proposent à l'équipe pédagogique. Fournir aux communautés d’arrosants des pistes pour préserver les fonctions de leur canal d’irrigation gravitare et faire évoluer ce dernier afin qu’il puisse s'inscrire aux côtés des autres stratégies de résilience, représentent la colonne vertébrale des actions que les onze étudiants dessinent. Pour n’en citer que quelques unes : rencontrer les acteurs de la ressource Eau du Haut Pays pour comprendre leurs enjeux et priorités, vérifier les bénéfices écologiques de ce patrimoine culturel immatériel (PCI) et sensibiliser les plus jeunes mais aussi les plus âgés à une gestion de l’eau plus innovante et à cet ensemble de savoirs et savoir-faire lié à cet élément du PCl.
31 octobre 2025 - À la rencontre de la Vésubie et du Valdeblore
Entre les documents et les personnes, il y a milles lieux. La réalité qui s’offre aux étudiants ce vendredi 31 octobre est complexe, vivante et riche, voir trop riche. Emilienne de l’ASA du canal du Mounard est assaillie de questions autour du café fumant servi à l’Echoppe du Pays (Roquebillière- Le-Vieux). Ensuite, la petite troupe se rend à l’endroit où la prise du canal avait été construite après la tempête Alex (octobre 2020). Aujourd’hui, elle n’y est plus, la tempête Aline (octobre 2023) l’ayant emporté à son tour. C’est le conflit des communautés d’arrosants avec leur environnement que les étudiants découvrent. De nombreux relevés sont pris pendant que d’autres questions fusent. Comment une ASA peut elle vivre? Pourquoi vit-elle? Quel type de prise lui proposer? Quel rôle le canal a-t-il pour le bassin versant? Ce sont ces questions que les étudiants se posent au fond d’eux mêmes.
Les questions, au lieu de tarir, se multiplieront tout au long de la journée. Lors de leur rencontre avec Eric GILI, historien, professeur au collège de Roquebillière et à l’université Nice Côte d’azur mais aussi agriculteur et arrosant du canal de Nantelle (Saint Martin Vésubie), de nouvelles dimensions sont soulevées et de nouveaux conflits apparaissent liés aux représentations différentes des acteurs et des moments donnés dans la propre histoire du canal. À La Bolline Valdeblore, Christophe Ciais, premier adjoint de la mairie de Valdeblore, accueille les étudiants et les emmène à la rencontre de deux canaux, celui de Roure et celui de la Brière. Un troisième type de conflit, celui entre usagers ou entre usagers et non usagers, conflit amplifié par l’absence de structure de gestion collective, se révèle aux étudiants. Encore des questions…..
4 janvier 2026 - Identification des besoins et des terrains
Toute démarche relative à l'aménagement, la réhabilitation ou la réparation d'un canal d'irrigation gravitaire est soumise à un protocole administratif suivi, dans le cas des Alpes-Maritimes, par la Direction Départementale du Territoire et de la Mer (DTM) afin d'assurer la conformité des usages et le respect des multiples usagers du cours d'eau. Ensembles avec Damien, le président de l'ASA du canal du Mounart, les étudiants se penchent sur les problèmes liés à la réhabilitation de la prise d'eau : sa résistance aux crues, le respect du volume en période d'étiage et l'impact des travaux en période de frayage des truites sont les principaux thèmes abordés. De même, des analyses plus fines concernant l'humidité du sol sont envisagées. Les étudiants expliquent l'emploi ainsi que la pertinence de certaines techniques de relevés de mesures par satellite aux membres de l'ASA.
Après ces heures intenses heures d'échanges, les étudiants se rendent dans un premier temps sur le canal de Saint Julien (06450 Belvédère) pour le découvrir et vérifier sa compatibilité avec les critères choisis pour l'implantation du site pilote prévu : accessibilité, collaboration possible avec les usagers et pertinence avec la pose des trois capteurs choisis, à savoir : pluviomètres, capteurs du débit d'eau entreé et sortie et capteurs d'humidité du sol. Ce même travail de fourmi est ensuite réalisé le long du canal de La Roche (06450 Valdeblore). Quel sera l'heureux élu? la suite au prochain chapitre .....
23 février 2026 - A la recherche des truites et des points de captage
Beaucoup de rencontres et d'échanges lors de cette dernière sortie terrain. La première rencontre avec deux membres du bureau de l'ASA du canal de Saint Julien (06450 Belvédère), Christine, la trésorière, et Thierry, le président, permet aux étudiants de mieux comprendre les enjeux et les diffcultés liés la gestion et de l'existence d'un canal d'irrigation traditonnelle.
L'après-midi, les étudiants partent ensembles avec le bureau d'études Concept Mercantour et leur drône à la recherche des bancs de truites possibles. Bottes de pêcheurs, décamètres, stylo et le drône survolant leur tête, les étudiants ont ..........